Foire aux questions

Quand les parents choisissent d'éduquer leurs enfants à la maison, ils ont souvent une myriade de questions qui leur courent dans la tête. Nous en couvrons les bases dans nos réponses aux questions fréquentes ci-dessous. Le reste des informations sur notre site vous aideront à explorer chaque sujet ou rubrique en plus de détail. Si vous ne trouvez pas de réponse dans ces pages, n'hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements et d'assistance.

Questions de base

"L'école à la maison" est sans doute le terme le plus courant pour décrire le choix de parents qui prennent la responsabilité directe de l'éducation de leurs enfants plutôt que de les envoyer à l'école. Il y a aussi d'autres tournures de phrase: l'enseignement au foyer, l'éducation à domicile, l'instruction en famille, la non-scolarisation (non-sco), et les emprunts à l'anglais: "homeschooling" (et "unschooling" pour l'approche non-directive).

Il y a plusieurs approches possibles, que les parents peuvent prendre selon leurs valeurs, leurs croyances, et leurs manières de faire personnelles, aussi bien que selon ce qui marche le mieux pour leurs enfants individuels eux-mêmes. Dans la gamme de possibilités entre la structure et la liberté, il y a, d'un côté, l'approche structurée de l'éducation style "école" dispensée à la maison (où l'on suit le même programme-cadre que le curriculum imposé sur les écoles par le gouvernement, se servant de manuels scolaires, de cahiers d'exercices, etc.), et à l'autre bout de la gamme, il y a l'apprentissage laissé à l'initiative de l'enfant ("unschooling"), qui est plus décontracté et intégré à la vie quotidienne. Il y a aussi des approches entre ces deux pôles, qui combinent la structure et l'apprentissage naturel en proportions diverses, et pour toutes ces approches il y a des variations de famille en famille selon leurs valeurs, croyances, et philosophies de la vie.

C'est à vous de décider quelle forme l'éducation à domicile prendra chez vous. Nous vous conseillons d'en apprendre plus sur toutes les différentes approches avant d'en choisir une. Vous trouverez sans doute, aussi, que votre approche changera au fil du temps, en réponse aux besoins et curiosités de vos enfants, et aux demandes d'organisation et de financement de leur éducation à domicile. Pour explorer vos options en plus de détail, veuillez voir la question "Comment décider quelle approche choisir ?" et visiter notre page sur les méthodes d'instruction et les philosophies pédagogiques.

Réponse écrite par Marian Buchanan

Les différentes approches de l'éducation au foyer offrent des avantages différents dans une certaine mesure, mais il y a aussi des avantages majeurs qui sont communs à toutes les approches.

Du point de vue académique, l'avantage principal de l'enseignement au foyer est que l'enfant reçoit une attention individualisée taillée sur mesure selon ce qu'il est capable de faire et comment il est prêt à progresser. Chaque enfant peut donc apprendre à son propre rythme. Même dans une approche basée sur un cursus ou un niveau prédéterminé, au sein du foyer il n'y a aucun besoin de pousser l'enfant à finir une certaine leçon à une certaine date. Quand un enfant ne comprend pas ce qui lui est présenté, ou a de la difficulté à retenir l'information donnée, le parent peut continuer de travailler avec l'enfant jusqu'à ce que la leçon soit assimilée, avant d'entamer d'autres leçons qui sont fondées dessus. De cette façon, les enfants éduqués à la maison risquent moins d'être laissés pour compte s'ils ont des difficultés, ce qui rend l'enseignement au foyer idéal pour ceux qui ont des différences d'apprentissage ("difficultés d'apprentissage"). En même temps, ils ne sont pas non plus freinés s'ils sont prêts à avancer, ce qui rend l'éducation à domicile idéale aussi pour les enfants doués. L'enfant "moyen", lui aussi, profite de la même manière, puisqu'il n'y a, en fait, aucun enfant qui incarne vraiment une théorique moyenne -- chaque enfant est un individu unique, avec une collection unique de talents et de passions qui font que certaines choses leur sont plus difficiles à apprendre, et d'autres, au contraire, très faciles.

Un autre avantage majeur est une bonne socialisation. Du point de vue du développement aussi bien social que psychologique, il y a plusieurs études de recherche qui confirment ce que les familles école-maison ont observé de première main: que les enfants éduqués à la maison ont tendance à avoir des compétences sociales plus développées et plus positives que leurs pairs scolarisés. Les enfants éduqués à domicile apprennent leurs compétences sociales de leurs parents plutôt que de leurs pairs, c'est-à-dire qu'ils apprennent par exemple adulte à suivre. Puisqu'ils ne passent pas beaucoup de temps dans des environnements où il y une multitude d'enfants, et interagissent avec d'autres enfants plutôt dans des groupes plus petits ou mieux surveillés, les enfants éduqués à la maison ne vivent pas trop de pression sociale ou de harcèlement, alors ils ont moins tendance à développer des stratégies dysfonctionnelles pour les survivre, et moins tendance à adopter le genre de conformisme de groupe qui soulève tant d'inquiétude ces jours-ci.

Comme le cautionne le psychologue Dr. Gordon Neufeld, de Vancouver, l'orientation excessive aux pairs mine l'autorité naturelle des parents, et gêne, de ce fait, le déroulement naturel du développement de l'enfant. Par contraste, n'ayant pas à combattre une orientation excessive aux pairs chez leurs enfants, les parents enseignant à la maison retiennent le pouvoir de guider ceux-ci petit à petit à une indépendence encore connectée. Cela se passe par le biais de la dépendence naturelle de l'enfance et un développement naturel des relations entre les parents et leurs enfants dont la nature/Dieu leur a donné la charge.

Ceci nous mène à un autre avantage principal de l'éducation à domicile: le développement et le soin de liens affectifs étroits dans la famille. Passant leur temps ensemble, partageant leurs vies, et aussi leur apprentissage, leurs jeux, et leur travail, les membres de la famille -- en relation parentale, filiale, ou fraternelle -- développent entre eux des liens étroits et une base émotionnelle sécurisée à partir de laquelle les enfants peuvent s'aventurer dans le monde au fur et à mesure qu'ils grandissent et deviennent plus indépendants.

Le fait de pouvoir établir son propre horaire est un autre avantage, aussi bien pour la souplesse dans la vie de la famille, que parce que cela permet à l'enfant d'attendre qu'il soit prêt avant d'aborder chaque nouvel apprentissage.

En résumé, voici les principaux avantages de l'école à la maison:

- des liens affectifs plus étroits au sein de la famille
- le cursus d'étude peut être taillée sur mesure pour les compétences et passions individuelles de chaque enfant
- l'environnement de l'apprentissage est plus décontracté et naturel
- les enfants peuvent apprendre sans harcèlement physique ou psychologique
- influence amoindrie des pairs et de la pression sociale à la conformité de groupe
- des vécus de socialisation plus élargis et positifs, avec des enfants de tous âges et aussi avec des adultes

Un des plus grands avantages de l'école à la maison, c'est la bonne socialisation. Voir la question ci-dessus sur les avantages, et notre page sur la socialisation.

Puisque beaucoup de parents qui éduquent leurs enfants à la maison ne s'enregistrent pas auprès des autorités scolaires locales (dans beaucoup de provinces, la loi ne les oblige pas de le faire), le nombre exact est inconnu. Cependant, on estime que les enfants éduqués à la maison en Amérique du Nord représentent un pourcentage approximatif de 1% ou 2% de tous les enfants d'âge scolaire, ce qui veut dire à peu près 20,000 enfants en Ontario. Le nombre pour tout le Canada est estimé à environ 60,000 enfants faisant l'école à la maison. Les estimations pour les États-Unis sont entre 1 et 2 millions d'enfants éduqués à domicile.

Voir aussi la réponse à cette question dans la foire aux questions du site Canadian Home Based Learning Resource Page.

À partir de la naissance, jusqu'à l'âge, quoiqu'il soit, où l'enfant quitte le foyer.

Légalités

Oui, l'éducation à domicile est légale dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada.

En Ontario, la loi sur l'éducation déclare le suivant, alinéa 21(2)(a):

La personne est dispensée de fréquenter l'école dans l'un des cas suivants : [...] elle reçoit un enseignement satisfaisant au foyer ou ailleurs;

"Enseignement satisfaisant" n'est pas défini dans la Loi sur l'éducation de l'Ontario, et elle ne dit pas non plus qui a droit d'en faire la détermination. Dans le passé, les conseils scolaires présumaient que c'était à eux de le déterminer, et du coup, avaient adopté une politique d'exigences des parents enseignants, que la FOPE trouvait excédait l'autorité donnée aux conseils par la loi sur l'éducation. Y compris dans ses exigences étaient des demandes qu'on remplisse des formulaires détaillant quel curriculum on suivait, dans quelles activités les enfants participaient, quelles étaient les horaires d'instruction, les méthodes d'évaluation, etc. Les conseils demandaient aussi parfois qu'on accepte, dans son foyer, une visite du conseiller en assiduité.

En conséquence des efforts de la FOPE pour faire changer cette politique non-légale, le ministère de l'éducation a établi une nouvelle politique officielle: la Politique/Programmes Note n° 131 (PPN131), mise en vigueur en juin 2002, dirige les conseils scolaires à accepter, comme preuve suffisante d'enseignement satisfaisant, une lettre des parents, avisant leur intention de se charger eux-mêmes de l'éducation de leurs enfants au foyer. La politique PPN131 indique que les conseils scolaires ne devraient enquêter que s'il y a "des motifs raisonnables" de soupçonner que l'enfant ne reçoit pas un enseignement satisfaisant au foyer, et ils sont avisés que les méthodes, horaires, etc., peuvent être très différents dans l'éducation au foyer que dans l'instruction dispensée dans les écoles.

Certains conseils scolaires continuent de tenter une surveillance plus habituelle de toute famille faisant l'école à la maison. Si c'est le cas pour vous, vous voudrez peut-être les référer à la PPN131.

Il faut souligner que ces politiques, aussi bien la surveillance du passé que la politique courante détaillée dans la PPN131, sont des politiques seulement -- pas des lois. Le seul document légalement exécutoire est la Loi sur l'éducation. Donc, si une famille école-maison choisit de ne pas coopérer avec les tentatives d'un conseil scolaire de les surveiller ou de conduire une enquête, la famille n'est en train de contrevenir à aucune loi. Le seul genre d'enquête pour laquelle les parents sont obligés par la loi de coopérer, est une enquête par le conseiller provincial.

Une enquête par le conseiller provincial en assiduité est la démarche permise par la Loi sur l'éducation dans les cas où il y a une contestation entre les parents et le conseiller scolaire en assiduité, concernant l'application de l'alinéa 21(2) de la loi. Sous l'alinéa 24, la démarche à suivre est une enquête menée par des personnes nommées par le conseiller provincial. La loi précise de façon explicite que ces personnes ne doivent pas faire partie du personnel du conseil dont relève l'école que l'élève a le droit de fréquenter.

Cependant, la politque présentée dans la PPN131 comprend une possibilité d'investigation par le conseil scolaire. La décision de coopérer ou non avec une telle enquête, reste avec chaque famille elle-même. Vous pouvez choisir de demander de l'aide à la FOPE si jamais vous vous trouvez dans une telle situation.

Pour plus d'informations, voir nos pages sur les légalités de l'enseignement à domicile.

En Ontario, il n'y a pas d'obligation légale de s'enregistrer auprès du gouvernement pour pouvoir éduquer ses enfants à la maison. S'ils n'ont jamais été enregistrés à l'école, vous pouvez simplement commencer à mettre en oeuvre vos projets d'éducation comme vous voulez. Si vos enfants fréquentent l'école, ou ont été enregistrés pour la fréquenter, il vous faudra, bien sûr, aviser le directeur de l'école et le conseil scolaire de votre décision de retirer les enfants du système (vois ci-dessous).

C'est votre prérogative parentale de passer à l'enseignement au foyer à n'importe quel moment de l'année, s'il vous en dit. Si votre enfant fréquente déjà l'école, ou est déjà enregistré pour fréquenter une école publique, vous devez envoyer, aux autorités de l'école et au conseil scolaire, une lettre avisant de votre décision de retirer votre enfant du système en faveur de l'éducation à domicile.

La politique courante du gouvernement, sur l'enseignement au foyer, a été établie le 17 juin, 2002, sous forme de la Politique/Programmes Note n° 131 (PPN131). Nous recommendons que vous en lisiez le document sur le site du ministère de l'éducation, ainsi que la réaction de la FOPE puisque la politique établit de nouvelles règles de base et de nouvelles attentes vis-à-vis des rapports que les conseils scolaires ontariens ont avec les parents qui choisissent d'éduquer eux-mêmes leurs enfants.

La PPN131 comprend un annexe B: "Modèle de lettre avisant de l'intention de dispenser un enseignement au foyer", mais tous les annexes sont groupés ensemble dans un seul document PDF, ce qui a induit un nombre de parents en erreur, pensant qu'ils devaient aussi remplir le formulaire de l'annexe C. Vous ne devez pas remplir ce formulaire C. Pour vous faciliter la tâche, nous avons créé notre propre modèle de lettre d'avis, à utiliser à la place de celui du gouvernement. Vous pouvez vous en servir pour aviser le conseil scolaire que vous allez dispenser à votre enfant un enseignement au foyer. Imprimez simplement la lettre modèle, remplissez-la, et envoyez-la au conseil scolaire de votre région. Envoyez aussi une copie au directeur de l'école.

Quand on retire un enfant du système scolaire avec l'intention de lui dispenser plutôt un enseignement au foyer, un avis par écrit doit être envoyé au conseil scolaire pour que l'enfant ne soit pas considéré comme faisant l'école buissonnière. Pour la même raison, et par courtoisie, il serait bon d'en informer aussi le directeur de l'école. Par exemple, vous pouvez lui fournir une copie conforme de l'avis envoyé au conseil.

Vous pouvez trouver la liste de tous les conseils scolaires de l'Ontario, avec leurs adresses et numéros de téléphone, sur le site du ministère de l'éducation. Le lien direct se trouve sur notre page dédiée à la lettre avis.

Oui. Voire notre page sur la lettre avis.

Selon le document de la politique PPN131, le gouvernement préfererait que tous les parents avisent le conseil scolaire à chaque fois, chaque année qu'ils décident de dispenser un enseignement au foyer pour un enfant de l'âge de scolarité obligatoire (6 à 18 ans). Cependant, puisque la PPN131 est une politique plutôt qu'une loi, la lettre avis n'est pas techniquement une obligation. Voir la foire aux questions sur la PPN131.

Puisque la PPN131 est une politique plutôt qu'une loi, beaucoup de parents n'envoient aucun avis au conseil scolaire si leurs enfants n'ont jamais fréquenté l'école. Cependant, si le conseil scolaire ou l'école entre en contact avec vous pour demander pourquoi votre enfant ne fréquente pas l'école, ça relèverait du bon sens de leur répondre par écrit, ou de remplir le formulaire qu'ils vous fournissent, si c'est un formulaire simple comme le modèle de lettre avis. Alors qu'une demande d'informations détaillées (sur votre choix de curriculum, horaires, techniques d'évaluation, etc.) reviendrait à une enquête, il serait, par contre, parfaitement raisonnable que le conseil scolaire demande que le simple avis de votre intention leur soit donné sous forme de déclaration écrite. Si vous refusiez une simple demande raisonnable de cette sorte, vous créerez inutilement une dynamique antagoniste qui pourrait aggraver la situation en provocant une enquête. Voir la foire aux questions sur la PPN131.

Non, la loi sur l'éducation en Ontario n'impose aucune condition de certificat sur les parents pour pouvoir dispenser un enseignement au foyer. Bien que beaucoup d'enseignants choisissent d'éduquer leurs propres enfants au foyer, les parents issus de tous milieux sociaux et professionnels, et de tous niveaux d'études complétées, réussissent très bien à éduquer leurs enfants à la maison. Des études de recherche ont montré que les parents qui ne sont pas enseignants de profession réussissent tout aussi bien, sinon mieux, que les parents école-maison qui sont des enseignants certifiés.

Non, en Ontario il n'y a aucune obligation légale de maintenir, ni de retenir en archive, un dossier des études suivies par un élève éduqué à la maison.

Cependant, il pourrait être utile à votre enfant de documenter son apprentissage pendant les années de niveau secondaire, c'est-à-dire une fois qu'il n'a plus que quelques années avant de chercher à être admis à l'université, si c'est la voie qu'il a choisie. La documentation requise pour l'admission varie selon l'université, alors nous recommendons au jeune qu'il fasse une recherche sur les demandes spécifiques des universités auprès desquelles il veut poser sa candidature. Il devrait faire cette recherche bien à l'avance pour avoir assez de temps pour adapter ses études selon ce qui lui sera requis, et pour ressembler toute la documentation dont il aura besoin.

Nous avons, sur notre site, une page sur les procédures de demande d'admission d'un certain nombre d'universités canadiennes, y compris en Ontario.

Il est, bien sûr, légal d'offrir des services de tuteur et de garde d'enfants. Si vous voulez offrir une solution pleine journée à plusieurs familles dont les parents travaillent à temps complet et veulent pourtant que leurs enfants soient éduqués à la maison, il n'y a rien dans la loi sur l'éducation en Ontario ni dans la PPN131 qui vous interdirait de le faire. Les parents retiennent la responsabilité d'assurer que leurs enfants reçoivent "un enseignement satisfaisant", et ils peuvent parfaitement choisir de le faire par l'embauche d'un tuteur à pleine journée, ou d'un fournisseur de services combinés garde et éducation. L'aspect éducatif est couvert par la phrase "au foyer ou ailleurs" dans l'alinéa 21(2)(a) de la loi. Pour l'aspect garderie d'enfants, il faut se conformer aux règles pertinentes de la loi sur les garderies s'il y a des enfants de moins de 5 ans. Par contre, si tous les enfants sont d'âge de la scolarité obligatoire, la situation est semblable à celle de toute personne qui offre la garde d'enfants deans les heures après l'école pendant lesquelles ils attendent que leurs parents rentrent du travail. Les seules différences sont que vous vous occuperiez aussi de leur éducation, et que les heures de garde seraient pendant la journée (ou du moins, pendant les heures de travail des parents) plutôt que les heures après l'école.

Pour offrir ce service aux parents, vous pouvez soumettre votre service pour inclusion dans notre répertoire de ressources. Nous passerons aussi vos informations à tout parent qui cherche à savoir quels services il y a dans sa région.

L'enseignement, l'apprentissage, et l'évaluation

Réponse de Marian Buchanan

Commencez par mettre en question toute supposition ou idée préconçue que vous pourriez avoir sur l'éducation des enfants, et révisez-en votre définition selon vos propres croyances et le contexte général des objectifs qui guident votre façon d'élever vos enfants. Notre façon d'aborder le côté académique de l'apprentissage de nos enfants, a une influence aussi sur leur développement et leur bien-être dans les autres dimensions de leur être: dimension physique, sociale, psychologique, mental, émotionnel, et spirituel.

Voici quelques questions que vous pouvez vous poser pour aider dans cette exploration:

L'éducation, est-ce une question de préparer les enfants à entrer dans le marché de l'emploi, une fois adultes ? Est-ce de leur donner une fondation de culture (les aider à devenir des personnes "cultivées") ? De développer leur intelligence ? Développer leurs talents ? Surmonter leurs faiblesses ? Réaliser au maximum leur potentiel ?

Est-ce important de se conformer à l'ensemble prédéterminé de connaissances et de compétences détaillées dans les programmes-cadres du curriculum des écoles publiques ? Quelles sont les connaissances et compétences minimales que les enfants devraient acquérir avant de devenir adultes ? Comment puis-je le mieux aider mes enfants à acquérir cet ensemble de connaissances et de compétences ? Quels sont leurs styles d'apprentissage ? À quelle approche répondront-ils le mieux (de la façon la plus positive, et avec les meilleurs résultats) de tous les points de vue: non seulement dans l'apprentissage des sujets académiques, mais aussi dans ce qu'ils apprennent sur eux-mêmes, et par rapport à la vie et les relations avec autrui, de par leurs interactions avec moi qui les guide à travers mon choix d'approche des sujets académiques ?

Ayant exploré quelques unes de ces questions, vous pourrez voir plus clairement quelles approches sont en accord avec vos croyances, votre philosophie générale sur comment élever des enfants, et vos objectifs en tant que parent. Nous avons des descriptions de plusieurs approches à l'enseignement au foyer, sur notre page sur les méthodes d'instruction et philosophies de l'apprentissage.

Le but de l'éducation est de comprendre le monde dans lequel on vit, de développer une conscience de soi-même, et de savoir trouver les informations que l'on cherche. LE curriculum est un outil, un contexte dans lequel l'éducation se passe. Il y a des parents qui se servent d'un curriculum structuré. D'autres laissent l'initiative à l'enfant, confiants que l'enfant apprend le mieux quand il est engagé et interressé par les sujets qu'il étudie. Certaines familles se servent d'un mélange des deux approches, se concentrant sur quelques matières de base comme la lecture, l'écriture, les maths, et la recherche, et permettant à l'enfant de suivre librement ses passions dans les autres sujets. Il y a une grande disponibilité de textes, manuels scolaires, cahiers d'exercices, présentations vidéo, et autres ressources qu'on peut trouver. Veuillez noter qu'il n'y a rien dans la loi sur l'éducation en Ontario qui vous obligerait à vous servir d'un curriculum. La décision à ce sujet est donc entièrement la vôtre.

Pour plus d'informations et de perspectives, voir notre page sur le curriculum. Pour des idées et des fournisseurs, voir notre répertoire de ressources. Si vous voulez suivre la même séquence de niveaux d'étude que les écoles publiques, voir les programmes-cadres pour le curriculum de l'Ontario sur le site du ministère de l'éducation.

S'il y a une rubrique de connaissances ou une compétence que vous n'avez pas vous-même acquise, ou si, simplement, vous ne vous sentez pas à la hauteur de bien présenter quelque chose d'une façon qui aidera votre enfant à l'apprendre, n'ayez pas peur de déléguer la tâche à quelqu'un qui a plus d'expérience ou de compétence. Il y a des tuteurs, des cours et ateliers offerts par les centres communautaires et les collèges, des cours par correspondence ou en ligne, et des tutoriels vidéo. Il y a même quelques manuels scolaires qui sont assez bien écrits pour qu'un enfant ou un jeune puisse apprendre avec, tout seul, sans autre aide. En fait, il vous surprendra peut-être de voir ce que vos enfants et jeunes apprendront tous seuls et de leur propre initiative, si vous les laissez faire eux-mêmes leurs recherches et explorations. Il se peut aussi que vous voudrez les accompagner dans l'apprentissage -- non seulement pour acquérir les mêmes connaissances et compétences, mais aussi pour démontrer, par l'exemple et l'action, comment on peut s'ouvrir à l'apprentissage tout le long de sa vie, et quelles démarches on prend pour apprendre quelque chose qu'on a décidé d'apprendre. Et si, soit vous, soit votre enfant, soit vous deux, vous avez besoin d'un peu plus d'assistance, demandez à d'autres membres de votre famille, ou à des amis ou des connaissances, y compris vos collègues parents-enseignants dans les groupes de soutien de votre région.

Les enfants sont toujours en train d'apprendre quelque chose, tout ce qu'il vous faut faire, c'est d'observer leur progrès au fur et à mesure qu'il devient évident dans ce qu'ils font et disent. L'évaluation conventionnelle, sous forme d'examens et de petits tests, est peut-être plus rentable que l'observation directe pour un enseignant dans le contexte d'une classe entière d'enfants, mais seulement parce que le rapport enfants/adulte est si grand -- en général, de 25 à 30 enfants pour chaque adulte, et parfois plus. Mais pour un parent chez soi avec ses propres enfants, le rapport enfants/adulte est beaucoup plus petit, et la relation beaucoup plus intime, si bien que l'observation directe est plus facile et plus exacte.

Que vous essayiez d'évaluer les acquis spontanés de vos enfants à travers leurs explorations naturelles, ou de savoir s'ils ont bien acquis les connaissances et compétences que vous essayiez vous-mêmes de leur enseigner, dans un environnement d'apprentissage au foyer c'est facile de se rendre compte quand un enfant particulier est en train de suivre et quand il ne l'est pas. Si vous vous servez de curriculum conventionnel, vous saurez tout de suite s'ils ont compris le matériel présenté lorsque vous en faites la révision avec eux et regardez leur travail. Si vous ne vous servez pas de curriculum conventionnel ni d'horaire d'attentes d'apprentissage, vous pouvez très bien trouvr un moyen discret de découvrir leurs acquis: observation directe, conversations qui les engagent à contribuer leur savoir et leurs idées, activités et jeux qui mettent en oeuvre leurs connaissances et compétences.

Les enfants posent constamment des questions, donc nous savons fort bien qu'ils ont des pensées et de la curiosité. Mais chacun a son propre calendrier interne par rapport à l'apprentissage. Par exemple, pas tous les enfants ne sont prêts à lire à l'âge de 5 ans -- certains vont commencer à lire dès 3 ans, tandis que d'autres se seront prêts que quand ils ont 8, 9, ou même 13 ans.

Ces jours-ci, l'utilité et la valeur des épreuves standardisées est en train d'être remise en cause par les éducateurs eux-mêmes. L'évaluation par test standardisé peut même être nuisible de certaines façons. Pour commencer, ça peut vous porter à croire que vous avez une idée bien claire des capacités de l'enfant, alors que vous avez seulement une unique performance dans un seul contexte artificiel, enlevé de l'environnement naturel qui lui servira de contexte dans sa vraie vie. Le postulat de l'examen, et son environnement de restriction par rapport aux ressources qui pourraient aider, est stressant pour les enfants, et peut provoquer en eux de l'anxiété -- surtout s'ils ressentent l'évaluation comme un moyen pour vous de déterminer s'ils sont assez performants pour vous satisfaire, faute de quoi vous allez les considérer come des échecs. L'anxiété, à son tour, peut contribuer à une mauvaise performance. Selon comment vous y réagissez, cela peut entraîner une avalanche de stress. Avez-vous vraiment besoin de savoir si votre enfant est "au niveau" selon les normes de l'institution scolaire ? Vous pourrez savoir à travers votre enseignement lui-même, si votre enfant est en train de "piger" ce que vous lui enseignez.

Alors, s'il n'y a pas de besoin externe pour des examens (voir ci-dessous), pensez à respecter l'horaire interne de chaque enfant, avec confiance qu'ils finiront quand même par apprendre le sujet en question si vous leur donnez l'encouragement, la stimulation, et les ressources nécessaires, et surveillez leur progrès aussi discrètement que possible. De cette façon, votre enfant pourra retenir sa joie d'apprendre, sans que ce soit corrompu en l'apprentissage visant seulement une bonne note aux examens.

Il y a parfois une raison externe pour assurer qu'un enfant soit "au niveau", ou qu'un jeune ait des pointages de SAT dans leur dossier -- par exemple, s'ils se préparent à être admis dans le système scolaire; ou il peut y avoir une ordonnance de justice au nom d'une société d'aide à l'enfance. S'il n'y a pas de telle obligation, nous vous encourageons à bien considérer quels effets un examen pourrait avoir sur le bien-être psychologique de votre enfant, avant de décider si vous allez ou non agir. (Voir la question ci-dessus, "Devrais-je lui faire passer des examens ?").

Si vous êtes obligés, ou vous décidez quand même, de faire passer un examen à votre enfant, vous avez le droit de le faire par l'entremise de l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), dans le même cadre que les enfants qui fréquentent l'école du voisinage. Si vous en avez besoin tout de suite plutôt que de pouvoir attendre les dates établies par l'OQRE, vous pouvez payer un fournisseur de services d'évaluation académique. Voir notre répertoire de ressources et notre article (en anglais) Testing Your Children.

Ressources et matériels

Ce n'est pas nécessaire de dépenser beaucoup d'argent quand on fait l'école à la maison. Cependant, il en y a certainement la possibilité, si on profite de tous les produits et services disponibles sur le marché.

Vos coûts d'éducation à domicile peuvent être taillés sur mesure pour votre budget et pour l'approche que vous avez choisi. Ils peuvent aussi dépendre des sujets auxquels s'intéressent vos enfants: une fille qui veut travailler plus tard dans l'informatique, aura besoin d'un ordinateur, tandis que pour un garçon qui veut faire de la recherche scientifique, l'achat d'un microscope pourrait être un bon investissement. Si vous décidez d'acheter des trousses de curriculum commerciales, contenant le matériel pour tout un niveau d'étude à la fois, vous allez, bien sûr, dépenser beaucoup plus que si vous utilisez seulement des ressources gratuites ou peu chères, comme la bibliothèque, l'internet, ou les situations d'apprentissage qui sont disponibles dans la communauté (musées, tours guidés, démonstrations) ou dans un groupe de soutien école-maison dans votre région (co-opératives d'enseignement, sorties pédagogiques). Cependant, même avec les matériels tous préparés, vous pouvez économiser beaucoup en les achetant d'occasion, soit en ligne, soit auprès d'autres familles école-maison, dans les librairies d'occasion, les ventes de garage, et les foires au curriculum.

Vous pouvez vous attendre à payer quelques centaines de dollars chaque année si vous utilisez surtout des ressources gratuites ou peu chères, et plusieurs milliers si vous achetez des trousses de curriculum commerciales pour une famille de plusieurs enfants à des niveaux d'étude différents.

Veuillez noter qu'en Ontario, le ministère de l'éducation ne fournit aucune aide financière aux familles pour une éducation au foyer. Donc, si vous comptez acheter du matériel de curriculum ou d'autres ressources, vous allez devoir vous-même assumer le paiement.

Résponse de Marian Buchanan

Il faut commencer par une décision quant à l'approche que vous voudrez prendre -- voir la question ci-dessus sur comment choisir son approche. (Ça changera sans doute avec le temps, en observant comment vos enfants répondent à vos méthodes et au matériel, mais il faut bien commencer quelque part.) La raison pour laquelle il faut d'abord considérer l'approche, c'est que ça changera quels matériels seront appropriés. Ce n'est pas la peine d'investir dans des ressources chères si vous finissez par ne pas du tout vous en servir.

Si vous n'avez pas encore exploré la question de l'approche, considérez ceci: l'éducation telle qu'elle est dispensée à l'école est une éducation institutionnelle de masse. Autrement dit, c'est fondé sur l'idée de fournir une instruction simultanée à un groupe de 25 à 35 élèves à la fois, selon un emploi du temps prédéterminé, dans un ordre prédéterminé, avec un but de connaissances et compétences prédéterminées. Le cursus standardisé qui informe l'instruction, est conçu pour conformer à la logistique d'une telle éducation de masse, pas aux intérêts, capacités, et état de progrès de chaque enfant en tant qu'individuel. En tant que parent, l'école-maison vous donne la chance de pouvoir tailler l'éducation de votre enfant à sa mesure selon sa façon d'apprendre, le développment de ses capacités, sa maturité et volonté envers un certain sujet, et ses intérêts et passions personnelles. Il se peut que vous puissiez le faire avec un cursus standard et les matériels qui vont avec, mais ce n'est pas garanti. Vous allez devoir décider quelles sont vos priorités, aussi bien par rapport à l'éducation que par rapport à comment vous voulez élever votre enfant de façon plus générale; puis vous allez devoir trouver comment le mieux manifester ces priorités du point de vue pratique.

Quelque soit votre approche, vos enfants vont apprendre des leçons de la vie quotidienne, des conversations, et des explorations du monde autour d'eux -- ça fait simplement partie intégrante de leur développement naturel. Les matériels qui soutiennent ce genre d'apprentissage vont donc naturellement comprendre les articles de ménage, les jeux et jouets, les vélos et ballons, les outils et gadgets, les CD, DVD, et livres, et toute autre chose que vous possédez ou à laquelle vous avez accès (par exemple, à la bibliothèques ou sur l'internet). Si vous voulez, vous pouvez supplémenter cet apprentissage naturel avec des matériels intentionnellement educatifs, dans la mesure qui vous semble désirable ou nécessaire.

Si vous allez prendre une approche où l'initiative est laissée à l'enfant, vous n'allez sans doute pas vous préoccuper de trousses de curriculum (quoique vous le ferez peut-être, si c'est le désir de votre enfant), mais vous allez au moins vouloir avoir certaines ressources de référence à portée de main (dictionnaire, atlas, par exemple). Vous trouverez peut-être aussi que certaines fournitures participatives, comme le matériel de manipulation mathématique ou les trousses de science, vont très bien avec votre perspective sur la façon d'engager et de stimuler la créativité, la curiosité, et l'esprit explorateur de votre enfant.

Si vous allez prendre une approche fondée sur un cursus, vous vous demandez sans doute quelle est la marque qui sera la mieux adaptée à votre philosophie de pédagogie, à vos croyances, au style d'apprentissage de votre enfant, et à ses passions. Nous espérons, un jour, publier sur notre site des critiques de ressources pour vous aider dans votre décision. En attendant, vous pouvez demander à d'autres parents enseignants de partager leurs opinions, leurs conseils, et leurs expériences de ce qui a bien marché pour leur enfants à eux. Cela vous donnera une idée de ce qui pourrait bien marcher pour les vôtres. Vous pouvez trouver des parents école-maison à contacter dans les groupes de soutien, soit dans votre région, soit en ligne. Si vous êtes membre de la FOPE, vous pouvez poser vos questions sur nos groupes yahoo et forums (tous deux réservés aux membres courants de la FOPE).

Quelque soit votre approche, vos enfants vont apprendre des leçons de la vie quotidienne, des conversations, et des explorations du monde autour d'eux -- ça fait simplement partie intégrante de leur développement naturel. Les matériels qui soutiennent ce genre d'apprentissage vont donc naturellement comprendre les articles de ménage, les jeux et jouets, les vélos et ballons, les outils et gadgets, les CD, DVD, et livres, et toute autre chose que vous possédez ou à laquelle vous avez accès (par exemple, à la bibliothèques ou sur l'internet).

Si vous voulez, vous pouvez supplémenter cet apprentissage naturel avec des matériels intentionnellement educatifs, dans la mesure qui vous semble désirable ou nécessaire. Pour des idées et des fournisseurs, voir notre répertoire de ressources. À part dans les magasins brique-et-mortier et en ligne, on peut aussi trouver du matériel en vente dans les conférences école-maison et les foires au curriculum.

Les parents qui travaillent, le programme Ontario au travail, le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées, les enfants handicapés, les difficultés d'apprentissage

Oui, si vous satisfaites à tous les critères d'admissibilité. Si vous êtes client du programme Ontario au travail, vous devez quand même rester disponible pour accepter du travail ou une formation, et vous devrez donc trouver une solution de garde pour vos enfants pendant les heures où vous serez occupé à participer dans les activités d'aide à l'emploi requises par le programme. Voir la question ci-dessous sur l'enseignement au foyer pour les parents qui travaillent, ou nos pages sur l'école à la maison pour les parents bénéficiant du programme Ontario au travail ou du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées.

Il n'y a rien qui vous interdirait de le faire, ni dans la Loi sur l'éducation, ni dans la PPN131. L'aspect éducation est comprise dans la phrase "au foyer ou ailleurs", et ce serait pareil si vos enfants fréquentaient une école privée non enregistrée, ou si vous embauchiez un tuteur. Pour l'aspect garde d'enfants, cela dépend des âges des enfants. S'il y a des enfants de moins de 5 ans, la personne qui fournit les services doit respecter les règles de la Loi sur les garderies. Si tous les enfants sont de l'âge de scolarité obligatoire, par contre, la situation est pareille à celle de toutes les gardes d'enfant qui prennent plusieurs écoliers chez eux après les heures d'école, pendant qu'ils attendent que les parents rentrent du travail. La seule différence, à part les heures, c'est le fait que la personne qui fait la garde, fait aussi l'éducation.

Oui. Si vous travaillez mais vous voulez quand même être celui/celle qui éduque vos enfants à la maison, vous devrez seulement trouver quelqu'un pour assurer leur garde pendant vos heures de travail. Ensuite, pendant vos heures libres à la maison, vous pouvez leur dispenser l'enseignement de votre choix, avec ou sans instructions style école. Vos enfants continueront, bien sûr, à apprendre spontanément pendant que vous êtes au travail, mais si vous voulez leur dispenser une éducation spécifique, et vous voulez être celui/celle qui la leur fournit, peu importe à quelle heure de la journée l'éducation "officielle" se passe -- du moment où vous ne les envoyez pas au lit trop tard pour une bonne santé et leur bien-être.

Oui, vous pouvez dispenser une éducation spécialisée à la maison. Nous avons dédié une section de notre répertoire de ressources à l'éducation spécialisée, et une de nos membres s'est portée volontaire pour vous aider avec vos questions à ce sujet. Pour la contacter, envoyer un courriel en anglais à specialneeds@ontariohomeschool.org (ou en français à notre contact francophone si vous avez besoin d'un intermédiaire).

Veuillez noter que si vous voulez accéder aux services des Centres d’accès aux soins communautaires (CASC), il vous faudra sans doute envoyer une lettre au conseil scolaire, avisant de votre intention de dispenser un enseignement au foyer, car les CASC requièrent souvent la réponse écrite du conseil accusant réception de votre lettre avis. Il se peut aussi que les autorités, soit de l'école soit de la Société d'aide à l'enfance, vous surveillent de façon plus vigilante qu'ils ne le font pour les parents école-maison qui n'ont pas d'enfants handicapés ou ayant des difficultés d'apprentissage. La FOPE est là pour vous si vous avez besoin de notre aide à cet égard.

Surmenage et soutien

Dans l'enseignement au foyer, les activités carrément scolaires prennent moins de temps qu'à l'école parce que ce sont, en sorte, des cours particuliers. Pour cette raison, les parents enseignant à leurs enfants à la maison n'ont pas à consacrer autant de temps aux leçons que les instituteurs. Les enfants apprennent aussi à bien gérer leur temps eux-mêmes, quand ils font du travail indépendent, ce qui est plus facile à faire dans un environnement école-maison avec le parent dans le rôle de personne ressource et catalyseur. On a souvent remarqué que quand l'enfant est prêt à apprendre le sujet en question, des concepts qui prendraient plusieurs années à apprendre à l'école, lui sont faciles à maîtriser en quelques semaines. Ce qui compte avant tout, c'est l'état d'être prêt, c'est-à-dire d'avoir la maturité développementale requise.

Voici quelques moyens de vous éviter le surmenage:

- rejoindre un groupe de soutien école-maison dans votre région, pour participer aux activités, profiter des sorties pédagogiques, et se faire des relations avec d'autres parents;
- déléguer à d'autres parents enseignants la tâche d'enseigner à votre enfant les sujets avec lesquels vous avez vous-mêmes des difficultés ou que vous ne connaissez pas bien;
- pour donner du temps libre au parent qui s'occupe des enfants toute la journée, que l'autre parent les prennent en charge autant que possible quand il/elle le peut (par exemple, après le travail s'il/elle travaille, ou après ses propres cours s'il/elle est étudiant/e). Que ce parent joue avec les enfants, leur parle, leur lit des livres, ou leur enseigne une partie du curriculum, par exemple dans la soirée ou le week-end (l'apprentissage ne se limite pas aux heures de 9 à 15, ni aux jours du lundi au vendredi, ni de septembre au mois de juin). Beaucoup de parents école-maison n'ont pas de problème de surmenage parce qu'ils s'accommodent facilement au rythme naturel d'être régulièrement à la maison avec les enfants. Quand les enfants fréquentent l'école, la famille doit souvent adapter leur emploi du temps aux heures de l'école -- assurer que les enfants arrivent à l'école à l'heure; aller les chercher de l'école à la fin des cours; trouver des solutions exceptionnelles de garde les jours où l'école est fermée (jours de développement professionel pour les instituteurs, tempêtes de neige, vacances du mois de mars, grandes vacances, etc.); s'absenter de son travail pour rester à la maison avec un enfant malade; prendre ses vacances au moment des vacances de l'école, etc. Dans une famille qui fait l'école à la maison, par contre, on peut établir son propre emploi du temps. Si un enfant est malade, les activités qu'on avait prévues pour la journée peuvent être reportées ou annulées sans trop de problèmes. Les parents n'ont pas à se soucier de qui va faire la garde de leurs enfants quand ils sont malades ou l'école est fermée, puisqu'ils assument tous les jours eux-mêmes l'entière responsabilité des soins et de l'éducation de leurs enfants.

La FOPE maintient une liste des groupes de soutien dont nous avons connaissance. (Vous pouvez aussi recevoir le soutien de nos repésentatifs régionaux.) Si vous ne voyez pas de groupe pour votre région dans le répertoire de ressources, vous pourriez placer une annonce à la bibliothèque ou dans un centre communautaire, indicant votre recherche d'un groupe. S'il n'y en a pas dans votre communauté, peut-être pourriez-vous en établir un, avec un annonce à la bibliothèque ou ailleurs indicant que vous voulez commencer un tel groupe et invitant les autres familles école-maison à se joindre à vous. Si vous avez connaisance d'un groupe de soutien qui n'est pas sur notre liste, ou si vous commencer vous-même un nouveau groupe, veuillez nous le faire savoir pour que nous puissions aider les autres familles à en prendre connaissance.

Le financement et les impôts

Dans les provinces où l'aide financière est disponible pour l'enseignement au foyer, ça va de pair avec une obligation de se faire enregistrer et superviser. En Ontario, il n'y a ni aide financière ni crédits d'impôts, mais il n'y a pas non plus de surveillance de routine. Beaucoup de parents préfèrent la plus grande autonomie au financement subventionné. Le gouvernement peut tout de même enquêter si nécessaire, mais c'est très différent d'une surveillance de routine et autres obligations associées.

Pour les enfants qui fréquentent l'école à temps partiel et font l'école à la maison le reste du temps, les conseils scolaires reçoivent un montant de subvention qui est proportionnel au nombre d'heures pour lesquelles les enfants sont inscrits. La subvention est pour le conseil scolaire, pas pour la famille. (Le ministère de l'éducation permet l'inscription à temps partiel, y compris pour les enfants autrement éduqués à la maison; mais c'est laissé à la discretion du directeur d'école de décider s'il va ou non accepter un enfant école-maison comme élève à temps partiel.)

Les familles faisant l'école à la maison sont dans la même position que n'importe qui. Tout le monde paie des impôts pour maintenir les routes et les ponts, même ceux qui n'ont pas de voiture. De même, tout le monde paie pour les écoles publiques, même ceux qui n'ont pas d'enfants, ou dont les enfants fréquentent des écoles privées, ou qui font l'école à la maison. Nous ne payons pas nos impôts en tant que parents école-maison, nous les payons en tant que citoyens contribuables. Cela maintient l'infrastructure de tous les services fournis par notre gouvernement.

Éducation secondaire et postsecondaire

Il y a des familles qui font l'école à la maison pour tout le niveau élémentaire, puis envoient leurs enfants à l'école pour le niveau secondaire. D'autres continuent de faire l'école à la maison tout le long, du jardin d'enfants jusqu'à la 12ème année. D'autres encore commencent un enseignement au foyer pendant les études secondaires, par exemple si le jeune a des difficultés à l'école fréquentée, soit d'apprentissage, soit psychologiques ou sociales (harcèlement, pression sociale, dépression, anxiété). Voir nos pages sur le secondaire.

Les jeunes qui ont été éduqués à la maison peuvent très bien aller à l'université ou au collège communautaire. Il y a des étudiants qui ont fait l'école à la maison pendant les années du primare puis ont obtenu un diplôme d'études secondaires, soit en fréquentant l'école pendant les dernières années de scolarité obligatoire, soit en restant à la maison mais inscrits dans une école par correspondence ou virtuelle. D'autres continuent l'école à la maison pendant le secondaire et sont admis dans un établissement postsecondaire sans le diplôme. En effet, beaucoup d'universités et collèges communautaires en Ontario ont maintenant des politiques d'admission spéciales pour les étudiant en provenance d'une éducation au foyer. Cependant, même dans les cas où un établissement n'a pas de politique officielle, il y a des jeunes qui ont fait l'école à la maison et ont quand même été admis. Nous vous conseillons de rechercher quelles sont les politiques d'inscription de tous les établissements auxquels vous voulez envoyer votre demande, et de le faire assez en avance pour avoir le temps de gérer vos études secondaires en rapport à ce qui vous sera requis. Ça serait aussi une bonne idée de parler au registraire d'université pour leur faire connaître votre situation, dans le but de déterminer quelles critères vous devrez satisfaire pour être admis sans diplôme d'études secondaires.

Certaines universités, telles Harvard et Stanford, recrutent activement les étudiants en provenance d'une éducation à domicile, parce qu'une éducation autodidacte à la maison engendre des qualités qu'ils recherchent: créativité, indépendance, motivation. Ces universités s'intéressent plus aux compétences et attitudes de l'étudiant qu'aux documents (relevés de notes, diplômes, etc.) qui sont sensés servir de preuve de ces qualités.

Beaucoup de jeunes se rendront compte que leur carrière de choix n'exige pas une éducation universitaire, et que c'est bien plus rapide et approprié de l'y accéder par d'autres voies: stage d'apprenti, formation au travail, collège de carrières ou d’enseignement professionnel, etc.

Il n'est jamais trop tard, non plus, de poursuivre des études supérieures en tant qu'élève "expérimenté", sans besoin d'un diplôme d'études secondaires. Pour ceux qui n'en ont pas, on peut donc attendre d'avoir l'âge requis (21 ans pour l'université, 19 ans pour un collège communautaire) avant de poser sa candidature d'inscription, puisque les critères d'admission pour les élèves experimentés sont différents que pour les étudiants plus jeunes.

Pour plus de détails, voir nos pages de renseignements sur l'université et le collège.

Deux livres peuvent aussi grandement aider les familles à prendre des décisions à ce sujet: le livre de Cafi Cohen intitulé "And What About College?" (Holt Associates, 1998), et celui de Grace Llewellyn intitulé "Teenage Liberation Handbook".

D'autres pages de foire aux questions

Veuillez noter que les légalités et renseignements sur l'école à la maison sont différents d'un pays à l'autre, et même d'une province canadienne à l'autre, alors il ne faudra tenir aucun compte de toute information légale spécifique sur les pages suivantes à moins qu'elle soit explicitement marquée comme étant vraie pour la province où vous dispensez votre enseignement à domicile.