Pour commencer

Veuillez noter: les informations sur cette page s'appliquent quand on retire un enfant du système scolaire (désinscription) pour prendre une responsabilité parentale complète de leur éducation, sans soutien de l'école ni du conseil scolaire. Si vous vous demandez plutôt comment continuer l'éducation de vos enfants à domicile pendant la fermeture des écoles dûe au COVID-19, vous n'êtes pas en situation d'enseignement en famille ( « homeschooling » ), mais plutôt dans la même situation que toutes les autres familles ayant des enfants dans le système scolaire, et vous devriez donc vous laisser guider par ce système lui-même. Voir le site du gouvernement de l'Ontario pour leur portail de ressources pour apprendre à la maison.

Ceci étant dit, il vous serait utile de suivre les mêmes conseils de déscolarisation mentale et psychologique que l'on donne aux parents qui veulent commencer l'enseignement en famille. La pandémie n'est pas le moment d'augmenter le stress et l'angoisse de vos enfants avec des tâches scolaires. Ce dont ils ont plutôt besoin en ce moment, c'est de l'affection, la connexion, la rassurance, et de se sentir aimés et en sécurité.

Quand on commence un enseignement au foyer, il y a des démarches pratiques et des choix pédagogiques à faire.

  1. Retirer son enfant de l'école. Si votre enfant est couramment en train de fréquenter une école subventionnée par l'état (école publique ou Catholique), ou est inscrit pour la fréquenter, vous devrez envoyer une lettre au conseil scolaire les avisant de votre intention de dispenser plutôt un enseignement au foyer. Par courtoisie et bon sens, pour éviter que l'école ne croit que l'enfant est simplement absentéiste, il est recommandé que vous donniez aussi une copie de votre lettre-avis au directeur de l'école. Voir notre page sur la lettre-avis. Vous n'êtes pas obligés d'envoyer une lettre-avis si votre enfant n'a jamais fréquenté une école subventionnée par le gouvernement de l'Ontario.
    * NOTE: pendant la fermeture des écoles dûe à la pandémie du coronavirus, il n'est pas nécessaire de retirer votre enfant du système avant que des obligations scolaires soient de nouveau imposées aux élèves.
    * Pas besoin d'une lettre-avis si votre enfant n'a jamais fréquenté, ni a été inscrit pour fréquenter, une école de l'Ontario.
    * Si votre enfant fréquentait une école privée (ou était inscrit pour en fréquenter une), pas besoin d'aviser le conseil scolaire de votre décision de faire plutôt un enseignement en famille. Ce n'est que l'école privée que vous devriez aviser, par votre mode habituelle de communication avec celle-ci.
    * Veuillez noter: Si vous avez beaucoup de temps pour prendre vos décisions pédagogiques avant de retirer votre enfant du système, cette étape d'annulation de l'inscription scolaire peut, si vous le voulez, attendre que vous ayez tout votre projet d'enseignement en place. Mais si, par contre, votre enfant souffre à l'école de quelque façon que ce soit (angoisse, dépression, harcèlement), n'hésitez pas à prendre, comme toute première étape, celle de son retrait de l'école. Vous pouvez toujours voir plus tard, et au fur et à mesure, comment aborder et planifier un projet d'éducation plus délibéré, et en attendant, vous pouvez même en prendre entièrement congé pendant un temps de désintoxication des effets subis, avant de reprendre doucement une éducation plus intentionnelle une fois que votre enfant ait renouvelé son désir naturel d'apprendre. Si vous retirez votre enfant sous ces conditions et vous vous trouvez en situation de conflit avec l'école ou le conseil scolaire qui questionnent vos raisons, vos intentions, ou votre capacité de dispenser une éducation satisfaisante à votre enfant, vous pouvez aussi prendre tout de suite l'étape facultative d'adhésion à la FOPE. Cela peut vous donner une plus grande légitimité aux yeux des autorités, et un peu plus de sécurité puisqu'ils savent que vous pouvez compter sur nous pour vous guider dans vos décisions et vous soutenir dans vos interactions avec eux.
  2. Déscolariser son enfant: laissez votre enfant passer un peu (ou beaucoup) de temps simplement à vivre librement, avec votre soutien et votre valorisation, pour lui permettre de se désintoxiquer de tout effet néfaste souffert en fréquentant l'école: harcèlement, anxiété sociale, anxiété sur le rendement scolaire, manque d'estime de soi, sentiment d'être stupide, etc. Autrement dit, commencez avec une période de « unschooling » même si vous comptez prendre une approche plus structurée plus tard. Ne vous y trompez pas, l'apprentissage continuera quand même pendant ce temps. Mais il n'y a pas besoin de le faire se conformer à un modèle institutionnel de l'éducation, ni avoir d'attentes spécifiques de votre enfant à ce stade. Une fois que votre enfant a repris sa curiosité naturelle et son désir naturel d'apprendre, un apprentissage plus intentionnel peut commencer.
  3. Déscolariser son esprit: pendant que votre enfant se détoxifie, réfléchissez honnêtement à vos idées préconçues par rapport à ce que c'est que l'éducation: de quoi il s'agit, à quoi ça sert, et de quoi ça a l'air. Nous sommes tous conditionnés à penser qu'une « bonne » éducation, c'en est une qui ressemble à celle qui est donnée en classe à l'école. Mais c'est un modèle institutionnel, conçu pour la logistique et la standardisation de l'instruction en masse, pas pour suivre le développement naturel de chaque individu ni répondre au mieux aux besoins uniques de chaque élève. Pour aider à déscolariser votre esprit, recherchez et lisez des articles sur la déscolarisation, le « deschooling », et le « unschooling », même si vous avez l'intention de prendre une approche plus structurée plus tard.
  4. Choisir sa pédagogie. Pour la phase intentionnelle d'apprentissage, la première chose à faire, c'est de décider quelle approche on veut prendre. Cela peut changer avec le temps, avec des ajustements selon comment votre enfant répond à l'approche choisie, mais il faut bien commencer quelque part. Voir nos pages sur les pédagogies et les styles d'apprentissage.
  5. Choisir son matériel d'apprentissage.  Une fois la pédagogie choisie, il faudra le matériel pour aller avec. Pour les approches qui se basent sur l'apprentissage naturel, comme le unschooling, on n'a pas nécessairement besoin de matériel intentionnellement éducatif, on peut se servir surtout des articles de la vie courante et compter sur la réceptivité des parents. Pour des approches plus planifiées d'avance, on peut se servir de matériel pédagogique plus conventionnel. Voir notre page sur le curriculum, et la liste de fournisseurs de matériel pédagogique dans notre répertoire de ressources.
  6. Commencer votre programme. Mettez en oeuvre votre choix de pédagogie et de curriculum selon un emploi du temps qui marche bien pour vous, pour votre enfant, et pour le reste de la famille.
  7. Ajuster au besoin. Une fois que vous avez commencé l'éducation en famille, n'oubliez pas de modifier au fur et à mesure, selon les besoins. Restez à l'écoute de comment votre enfant réagit à la méthode d'enseignement, au matériel utilisé, et à l'emploi du temps. S'il y a le moindre aspect de votre programme qui ne marche pas bien, essayez autre chose. C'est l'un des principaux avantages de l'enseignement en famille, de pouvoir tout tailler sur mesure pour votre enfant, pour sa façon d'être qui lui est particulière, et pour la situation particulière dans laquelle vous vous trouvez, plutôt que d'être collés avec une structure rigide basée sur les normes, comme le sont les enfants dans le système scolaire.
  8. Établir et entretenir des relations sociales et de réseau. Pour assurer l'interaction sociale de votre enfant avec d'autres enfants, et pour profiter des opportunités de sorties pédagogiques et autres activités en groupe, ainsi que pour le soutien pour vous-même, rejoignez un groupe de soutien local.
    * Veuillez noter: Les contacts en personne sont évidemment restreints en cette période de confinement dû à la pandémie. Faites usage des groupes de soutien sur Facebook pour établir et entretenir un lien avec d'autres familles faisant l'enseignement en famille, et pour arranger des moyens pour que les enfants puissent interagir en ligne en attendant de pouvoir se voir en personne.
  9. Aider à protéger vos droits. Pour aider à protéger vos droits et les droits de tous les parents de "choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants" (alinéa 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme), rejoignez la FOPE.

Quelques pensées sur l'idée de "commencer" une éducation

L'éducation d'une personne ne commence pas à l'école maternelle pour finir à la fin des études secondaires, au collège, ou à l'université. L'éducation est un processus qui dure toute la vie. En tant que parents, vous avez été intimement engagés dans l'éducation de votre enfant dès le premier jour de sa vie. Regardons quelques uns des principes de l'apprentissage au sein du foyer :

Les principes de l'apprentissage au sein du foyer

Principe numéro 1

Les enfants apprennent constamment -- c'est l'essence de l'enfance. Que ce soit les tous premiers mouvements du corps, la reptation, la marche, ou la parole, les enfants ont une motivation innée d'apprendre.

Principe numéro 2

En tant que parents, vous donnez à votre enfant un environnement propice à l'apprentissage et un modèle à imiter. Vous aidez à créer un environnement de sécurité, de stimulation, et de possibilités, qui est particulièrement adapté, à chaque étape, aux besoins et capacités courants de votre enfant.

Principe numéro 3

L'enfant apprend quand il est prêt. Nous apprenons tous à des vitesses différentes. Certains enfants marchent avant leur premier anniversaire, d'autres apprennent à marcher bien plus tard, et ainsi de suite. L'important, c'est de respecter la maturation naturelle de l'enfant lui-même. Ce n'est pas mieux d'aller plus vite si l'enfant n'est pas prêt. On ne peut pas faire marcher un enfant -- l'enfant marche quand l'enfant est prêt à marcher.

Avec ces trois principes généraux, on peut voir que vous êtes déjà, depuis le début, intimement engagés dans l'éducation au foyer. Le passage du temps n'y change rien: les mêmes principes s'appliquent aussi à l'âge scolaire.